C'EST AU TOUR DE M.G BUFFET.
Maintenant que tout le monde a ses signatures, c'est parti ! On mobilise.
Les paroles, les articles, les interviews vont bon train. Chacun détient la vérité, sa vérité et à mal y regarder la vérité d'un adversaire politique, dans telle phrase percutante et apparemment pleine de bon sens nous confond.
Que croire? Qui croire? On ne sait plus.
A gauche, combien de candidats? Pour quelles raisons tous ceux-là n'ont-ils pas pu s'entendre? Mystère! Qu'on pourrait m'expliquer avec justesse, dans tous les camps, et qui en fin de compte me renverraient à la case départ. Les maladresses des uns, ajoutées aux crimes du passé n'arrangent rien. Le sang frais serait-il meilleur? Les mains sans taches le resteraient-elles? Comment le savoir? La litanie de certains, leurs erreurs anciennes et nouvelles sont-elles à tel point devenues insupportables qu'on doive encore changer de bulletin de vote et dire que le messie est arrivé et qu'il dit la vérité? Il souffre même pour nous.
Les réunions, les débats, les comités, absolument nécessaires ne sont-ils pas là aussi pour convaincre d'une vérité forcément subjective? D'ailleurs, le résultat est que chacun s'est regroupé et qu'ensemble on détient la légitimité de dire que les autres se trompent. On devient plusieurs. Comme c'est rassurant! Comme ça fait du bien!
J'ai donné mon bulletin à tous. Ils ont tous un jour ou l'autre passé leur tour à une élection. Lionel, Robert, Arlette, Olivier. Maintenant on a José. Que faire? Lui est peut-être meilleur? D'ailleurs, par ses actes, il le prouve.
Bon, on ferme les yeux sur le show médiatique des signatures. Je les ai.
Je ne les ai pas. Vous saurez vendredi. Euh non lundi. Euh non lundi soir, c'est trop difficile à compter.
Je me souviens de la campagne de 1981. Krivine, père de Besancenot, n'avait pas pu recueillir ses 500 signatures. Les militants de l'Yonne sillonnaient le département le samedi en voiture, obtenaient un entretien avec le maire, parlaient parfois pendant des heures et repartaient bredouilles. Nous les attendions, avides.
Rien. Souvent, des samedis entiers, des kilomètres, l'essence pompée sur son propre compte, dans une voiture personnelle, des coups de téléphone sur sa propre facture. La même chose dans les autres départements. Aucun remboursement envisageable. Krivine obtenait bien moins que 5 %.
En 1981, il n'avait pas pu se présenter. Ce ne fut pas la désolation.
D'ailleurs on a pu renaître de ses cendres.
Donc, quand une signature enfin s'obtenait, tout le Q G était informé dans la demi-heure. José est peut - être informatisé maintenant et le programme sur son ordinateur a buggé ?
Une explication cohérente et convaincante est là, j'en suis sûre. Je ne veux pas l'entendre. J'aime bien José.
Je me méfie de la vérité, mais il faut bien choisir.
En conséquence, malgré les taches visibles et relayées dans de récents reportages qui se sont curieusement enchaînés ces derniers temps, malgré l'espèce d'auréole qui ceint de nouvelles têtes, malgré des mains encore propres, je vote pour l'armée des ombres, pour ceux que l'on trouve tous les dimanches matins sur le marché de la Zup, l'huma à bout de bras.
Ils sont de plus en plus vieux, de plus en plus ridicules peut-être. Mais ils sont là en période d'élection ou non. Respect s'il vous plaît.
Ils ont bien du mal à se réunir à 2 ou 3 tous les dimanches et ne vendent pas grand chose. Des heures parfois en temps de pluie, ou de froid.
Nous, on est bien peinards, à l'abri des erreurs, bien au chaud, à réfléchir. On peut venir vous reprocher une ou deux virgules de temps en temps et vous remettre ça sur Staline.
Remerciements infinis. Infini respect.
Pour vous, j'appelle en toute conscience à voter Marie - George Buffet
Pour vous, par vous.
Barbara Moreau. Aillant sur Tholon.